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Rubrique Peinture

Un artiste, un tableau (XI)

Le 3 décembre 2015 - Jean-Olivier SAIZ

Aujourd’hui : " Sacrée serviette !" Où l’on découvre une astuce pour peindre sans toile.

Séville, 1666. A l’église des Capucins où il est employé, un peintre nommé Murillo se lie d’amitié avec un des frères chargé du réfectoire du couvent. Un jour, les deux amis se retrouvent et le religieux fait une requête au peintre. Il souhaiterait obtenir de Murillo un souvenir : un dessin, quelque chose qui lui rappelle avoir croisé la route de cet artiste de talent.

Murillo n’y voit pas d’objection, seulement, il a épuisé son stock de toiles. Le frère a alors une idée. Il retourne dans le réfectoire, et revient avec… une serviette pour le peintre ! En quelques heures, ce dernier transforme le vulgaire bout de tissu en une véritable œuvre d’art. On peut reconnaître sur celle-ci le style caractéristique du peintre sévillan. Murillo, l’un des peintres les plus célèbres du Siècle d’Or espagnol, se fit connaître grâce aux tableaux réalisés pour divers ordres religieux andalous.

Ici, sur un fond sombre, la Vierge et son enfant brillent d’un éclat doré. La première croise le regard du spectateur avec des yeux emplis d’innocence. Le second semble vouloir s’extirper des mains de sa mère et se projeter hors du tableau vers nous.
L’atmosphère de cette composition est intimiste, avec des accents familiers et sentimentaux.

Aujourd’hui, lorsque l’on visite le Musée des Beaux-Arts de Séville, le tableau est bien là mais il est… sur une véritable toile ! L’histoire serait-elle seulement une belle légende ? C’est encore un mystère. Pour autant, cette toile de Murillo a toujours conservé son nom de … « Vierge de la serviette » ! (source Artips, une dose d’art au quotidien)

- Pour découvrir Le Jeune mendiant, de Murillo